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DICTIONNAIRE

UNIVERSEL

D’HISTOIRE NATURELLE

RÉSUMANT ET COMPLÉTANT

Tous les faits présentés par les Encyclopédies, les anciens Dictionnaires scientifiques, les Œuvres- complètes de Buffon>, les meilleurs Traités spéciaux sur les diverses branches des sciences naturelles; Donnant la description des êtres et des divers phénomènes de la nature,

1 étymologie et la définition des noms scientifiques , les principales applications des cor^s organiques et inorganiques, à l’agriculture, à la médecine, aux arts industriels, etc.; V

OUVRAGE UTIXsE

Aux Médecins, aux Pharmaciens, aux Agriculteurs, aux Industriels, et généralement à tous les hommes désireux de s’initier aux merveilles de la nature;

PAR MESSIEURS

ARAGO, BAUDEMENT, BECQUEREL, BIBRON , BLANCHARD,

BOITARD, DE BRÉBISSON , AD. BRONGNIART, C. BROUSSAIS,

BRULLÉ, CHEVROLAT, CORDIER , DECAISNE, DELAFOSSE, DESHAYES, DESMAREST, J. DESNOYERS, ALCIDE ET CHARLES D’ORBIGNY, DOYÈRE , DUCHARTRE, DUJARDIN , DUMAS, DUPONCHEL , DUYERNOY, ÉLIE DE BEAUMONT, FLOURENS, ISIDORE GEOFFROY ST-HILAIRE, GERBE, GERVAIS, AL. DE HUMBOLDT, DE JUSSIEU, DE LAFRESNAYE, LAURILLARD , LEMAIRE, RÉVEILLÉ, LUCAS , MARTIN SAINT-ANGE , MILNE EDWARDS, MONTAGNE, PELOUZE, PELTIER, C. PRÉVOST, DE QUATREFAGES ,

A. RICHARD, RIVIÈRE, ROULIN , SPACH ,

VALENCIENNES, ETC.;

DIRIGÉ PAR M. CHARLES D’ORBIGXY.

, Et enrichi d’un magnifique Atlas de planches gravées sur acier.

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TOME NEUVIEME

PARIS,

CHEZ LES ÉDITEURS MM. RENARD, MARTINET ET C",

RUE DE BUSSI, 6;

ET CHEZ MM.

LANGLOIS ET LECLERCQ, || VICTOR MASSON,

Rue de la Harpe, SI. j( Place de PÉcole-de-Médecine , 1.

ÜUmfs maisons, cljez £. Blidjelsen, à iFdpzt

1847.

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https://archive.org/details/b30454888_0013

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DICTIONNAIRE

UNIVERSEL

T O M E N E U V I É M li.

LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE DE MATIERES,

Avec l’indication des lettres initiales dont leurs articles sont signés.

Zoologie générale. Anatomie, Physiologie, Tératologie

et Anthropologie*

MM.

DUPONCHEL (ils , médecin de l’École polytechnique. [A. D]

DUVERNOY, D.-M., professeur d’histoire naturelle au Collège royal de France, etc. [Duv.]

FLOURENS , D.-M., secrétaire perpétuel de l’Acad. royale des Sciences , membre de l’Académie française, professeur-admi¬ nistrateur au Muséum d’Histoirc naturelle. [Fl. s.]

MM.

ISIDORE GEOFFROY SAIIV T-KILAIRE , D.-M., membre de l’Institut, inspecteur-général de l’Université, professeur ad¬ ministrateur au Muséum d’HistoiCe naturelle. [I. G. -S. -H

DE HUMBOLDT (le baron Alexandre V, membre de l’In¬ stitut, de l’Académie royale de Berlin, de la Société royale de Londres, etc., etc. [de Humb.J

MARTIN SAINT-ANGE, D.-M, membre de plusieurs socié¬ tés savantes. [M. S. -A.]

mammifères et Oiseaux*

BAUDEMENT, prof, suppl. au Collège royal de Henri IV. [B.]

ISIDORE GEOFFROY SAINT-HILAIRE , D.-M., membre de l’Institut, etc. [I- G. -S. -H.]

GERBE, aideau Collège de France. [Z.G.]

Reptiles et

BIBRON, professeur d’histoire naturelle , aide-naturaliste au I Muséum d’Histoire naturelle. [G. B.] |

DE LAFRESNAYE, membre de plusieurs sociétés sav. [Lafk.J LAURILLARD , membre de la Société philomatique . et, (Mammifères, Oiseaux et Reptiles fossiles.) [L..d

DE QUATREFAGES, doc. en méd. et ès-sciences. [X. de Q.] BOULIN , membre de la Société philomatique, etc. [Roui.. ï

Poissons.

VALENCIENNES , professeur-administrateur au Muséum d’His¬ toire naturelle. ^ J

mollusques*

ALCIDE D’ORBIGNY, auteur du Voyage dans l’Amérique 1 DESHAYES , membre de la Soc. philomatique, etc. [Desii.J

méridionale, membre de la Soc. philomatique, etc. [A.d'O.] 1 VALENCIENNES, prof.-adm. au Mus. d’Hist. nat. [Val.

Articulés*

(Insectes, Myriapodes, Arachnides, Crustacés, Cirrhopodes, Annélides, Helininthides, Systolidcs.)

AUDOUIN , D.-M., membre de l’Institut, professeur-adminis¬ trateur au Muséum d’Histoire naturelle. [Aüd.]

BLANCHARD, membre de la Soc. entomolog.de France. [Bl.] BOITARD , auteur de plusieurs ouvrages d’hist. uatur. [ Boit.] CHEVROLAT, membre de plusieurs sociétés savantes. [C.]

DESMAREST, secrét. de la Soc. entomolog. de France. [E D.]

Zoopliytes ou

(Eehinodermes, Acalèplies, Foraminifères,

ALCIDE D’ORBIGNY, membre de la Société philomati- I que, etc. [A. d’O.]

DUJARDIN, docteur es-sciences , doyen de la Faculté des seien ces de Rennes. |Duj]

DUPONCHEL, membre de plusi eurs sociétés savantes. [D.] GERVAIS , doct. ès-sciences, membre de la Soc. philom. [PG] LUCA-S, membre de la Société entomologique de France. [11. L.j MILNE EDWARDS, D.-M., membre de l’Institut, etc. [M F. |

Rayonnés.

Polypes, Spongiaires et Infusoires.)

DUJARDIN, membre de la Société philomatique, etc. [Dci ] MILNE EDWARDS , D.-M., membre de l’Institut, etc. [M. L.]

Botanique.

DE BRÉB1SS0N , membre de plusieurs soc. savantes. [ Bhéb.}

BRONGNIART , D.-M., membre de l’Institut, professeur-admi¬ nistrateur au Muséum d’Histoire naturelle. [Ad. B.]

DECAISNE, aide-naturaliste au Muséum d’Histoire naturelle, membre de la Société philomatique. [J. D.]

DUCHARTRE, membre de la Société philomatique, etc [P.D.] l)E JUSSIEU , D.-M., membre de l’Institut , professeur-admi¬ nistrateur au Muséum d’Histoire naturelle. [Ad. J.]

LEMAIRE .ancien professeur de l’Université, membre de plu¬ sieurs sociétés savantes. *■ ' -J

MONTAGNE, D.-M-, membre de la Société philomatique et

de plusieurs autres sociétés savantes. I 1 .

RICHARD, D.-M., membre de l’Institut, professeur à la fa¬ culté de médecine. f '■*

SPACH , aide-naturaliste au Muséum d’Hist. naturelle.

Réologie . minéralogie.

COBDIER , membre de l’Institut, professeur-administrateur au Muséum d’Histoire naturelle , pair de France , inspecteur-général des mines , conseiller d’Etat. [L. G.]

DELAFOSSE , professeur de minéralogie à la Faculté des scien¬ ces, etc. [Del.]

DESNOYERS , bibliothécaire au .Muséum d’Hist. liât. (Ques¬ tions géologiques sous le point de vue historique.) [J.Desn.]

membre de l’Institut, professent ingénieur en chef des mines, etc b [E. de B.]

CHARLES D’ORBIGNY. membre de plusieurs sociétés savan¬ tes, etc. *■ J

CONSTANT PRÉVOST , professeur de géologie a la l’ adulte des sciences, etc.

ÉLIE DE BEAUMONT ,

au College royal de France,

Chimie, Physique

ARAGO , secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, dé- I puté, etc. [Ab-]

BECQUEREL , membre de l’Institut , professeur-administra¬ teur au Muséum d’Histoire naturelle. [Becq.]

DUMAS, membre de l’Institut, professeur de chimie a la Fa¬ culté de médecine et a la Faculté des sciences, etc. [Dum.]

et Astronomie*

FELTIER,

PELOUZE

Collège roy

RIVIÈRE,

royale.

D.-M., membre delà Société philomatique. [P.

, membre de l’Institut , professeur de chimie au al de France et à l’École polytechnique, etc. [Pel. j professeur de sciences physiques, de l’Université

Paris. Imprimerie de L. Mautinet, rue Jacob, 3o.

DICTIONNAIRE

UNIVERSEL

RÉSUMANT ET COMPLÉTANT

Ions les faits présentés par les Encyclopédies, les anciens dictionnaires scientifiques, les Œuvres complètes de Buffon , et les meilleurs traités spéciaux sur les diverses branches des sciences naturelles; Donnant la description des êtres et des divers phénomènes de la nature, 1 étymologie et la définition des noms scientifiques, et les principales applications des corps organiques et inorganiques à l’agriculture , à la médecine , aux arts industriels , etc.;

PAR MESSIEURS

ARAGO, E. BAUDEMENT, BAZIN, BECQUEREL,

BIRRON, BLANCHARD, BOITARD, DE BRÉBISSON , AD. BRONGNIART,

C. BROUSSAIS, BRULLÉ, CHEVROLAT, CORDIER, DECAISNE, DELAFOSSE, DESHAYES, DESMAREST, J. DESNOYERS, ALCIDE ET CH. D’ORBIGNY, DOYÈRE, DUCHARTRE , DUJARDIN , DUMAS , DUPONCHEL , DUVERNOY , MILNE EDWÀRDS , K LIE DE BEAUMONT, FLOURENS, GERBE, GERVAIS, IS. GEOFFROY ST. -HILAIRE, AL. DE HUMBOLDT, DE JUSSIEU, DE LAFRESNAYE , LAURILLARD , LEMAIRE, LÉVEILLÉ, LUCAS, MARTIN ST. -ANGE , MONTAGNE, PELOUZE, PELTIER, C. PRÉVOST, DE QUATREFAGES,

A. RICHARD, RIVIÈRE, ROULIN , SPACH ,

VALENCIENNES, ETC.

+

DIRIGÉ FAR M. CHARLES D’ORBIGNY,

Et enrichi d’un magnifique Atlas de planches gravées sur acier.

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TOME NEUVIÈME.

-o-o-OO-O- -O- C OC o

PA R I S.

CHEZ LES ÉDITEURS MM. RENARD, MARTINET ET C -,

RUE DE BUSSI, 6;

ET CHEZ

LANGLOIS ET LECLERCQ, I VICTOR MASSON,

Rue Je la Harpe, 81. * Place de l’Ecole de-Médecine, I.

Jftcmes maisons , dje 2 ü\ ilXicljelsert , à iTetpHig.

1847

ÊLÆSTJE

DES ABRÉVIATIONS

EMPLOYÉES DANS CET OUVRAGE.

(Les abréviations en petites capitales placées au commencement de chaque article indiquent la grande classe à laquelle il appartient.)

Acal . Acalèphes.

Anal . Anatomie.

Ann . Annales.

Annél . Annélides.

Arach . . . . Arachnides.

A sir . Astronomie.

Hoi . . botanique.

Bni. cr. ... Botanique cryptogami- que.

Bot.pl 2.. . .^Botanique phanéroga-

rnique.

Bull . Bulletin.

Chim. .... Chimie.

Cirrh . Cirrhopodes.

Crusi . Crustacés.

Fchin .... Echinodermes.

Fig . Figure

Foramin. . . Foraminifères.

F o ss . Fossile.

G. ou g. . . . Genre.

Gèol . Géologie.

Helm . Helminthides.

Hist. nui. . . Histoire naturelle. Infas .... Infusoires.

Ins . Insectes.

Ma m . Mammifères

Mèm. .... Mémoire.

Méléor. . . . Météorologie.

Min . Minéralogie.

Moll . Mollusques.

Myriup. . . . Myriapodes.

Ois. . . . . . Oiseaux.

Paléoni. . . . Paléontologie.

Ph.ou Phan. Phanérogame, ou pha- nérogamie.

Pliys . Physique.

Physiol. . . . Physiologie.

PL ..... Planche.

Poiss . Poissons.

Polyp .... Polypes, Polypiers.

Rad . Radiai i es

Repi . Reptiles.

Spong .... Spongiaires,

Systol . Syslolides.

Syn.onSynon. Synonyme.

Tércti . Tératologie.

V. ou F oy . Voyez.

Fui g . Vulgaire.

Zool . Zoologie.

! Zooph. . . . Zoophyles.

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DICTIONNAIRE

UNIVERSEL

D’HISTOIRE NATURELLE.

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OIE. Amer. ois. Ce nom, qui , primi¬ tivement, s’appliquait indistinctement à un petit nombre d’espèces que l’on confondait entre elles, aconsidérablementdepuis changé de valeur. Élevé d’abord à la puissance de nom de genre, il est devenu ensuite, pour la plupart des méthodistes, le titre d’une sous-famille et même d’une famille : celle des Oies ou Ansérinées.

Quoique cette famille soit assez riche en espèces, cependant toutes ont entre elles de si grandes affinités de mœurs et d’organisa¬ tion, que l’histoire de l’une d’elles peut deve¬ nir, à de très légères différences près, l’histoire de toutes les autres.

Longtemps les Oies ont été confondues avec les Cygnes et les Canards, et cela au¬ tant à cause de leurs analogies anatomiques que de leur manière de vivre; pourtant elles en diffèrent sous ces deux rapports. Si l’on considère leurs caractères physiques , on voit qu’elles ont un bec relativement plus court et plus fort à la base que celui des Cygnes et des Canards; que leurs tarses sont plus élevés, et que leurs jambes sont plus rapprochées du milieu du corps, ce qui leur donne une démarche plus gracieuse et plus assurée. Quant aux particularités de mœurs qui distinguent les Oies, elles sont parfaitement en concordance avec les diffé¬ rences organiques que l’on observe; c’est ainsi qu’elles sont moins aquatiques que les Cygnes et les Canards, qu’elles nagent peu et ne plongent point. Si ceux-ci vivent con¬ stamment sur les lacs, les étangs, les ri¬ vières, sur les bords de la mer, les Oies, au contraire, ne viennent que fort rarement sur les bords de l’eau, et seulement le soir, pour

T. IX.

y passer la nuit. Leurs habitudes sont donc bien différentes de celles des Canards, qui quittent les eaux à l'heure les Oies s’y rendent.

Les terrains bas, mais découverts, les prairies humides, les plaines marécageuses sont les lieux que les Oies aiment à fréquen¬ ter. On les trouve souvent aussi dans les terres ensemencées; , les dégâts qu’elles occasionnent aux jeunes pousses de céréales sont quelquefois si considérables, que, dans certains cantons ces Oiseaux sont com¬ muns, les cultivateurs sont obligés de veil¬ ler sur leurs champs , afin d'en éloigner les bandes d’Oies qui s’y abattent.

Dans les contrées ces Oiseaux ne sont pas chassés par l’homme, leur confiance est assez grande pour ne point trop être inquiets de sa présence; mais on peut dire que, ce cas excepté, ils sont sauvages et farouches l’extrême. Soit que les Oies pâturent dans la campagne , soit qu’elles prennent du re¬ pos sur les eaux, elles sont très difficiles à approcher et surtout à surprendre. Leur vigilance est rarement en défaut, secon¬ dée qu’elle est par une ouïe délicate et une vue excellente. Le moindre objet qui leur est suspect les met en émoi. Il suffit que l’une d’elles pousse un cri pour que toute la bande s’envole et cherche ainsi à se mettre à l’abri du péril qui lui est signalé. Indépendamment de ce cri d’alarme, qu’on ne perçoit qu’à de faibles distances, les Oies font encore entendre, et cela surtout lors¬ qu’elles volent ou qu’elles sont surprises , un son guttural dur et éclatant comme celui d’une trompette.

Si le caractère sauvage et farouche des

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Oies s’est éteint dans nos races domestiques, toujours est-il que celles-ci n’ont rien perdu du caractère vigilant qui distingue les es¬ pèces dont elles proviennent. Pendant le jour, un ennemi qui cherche à s’introduire dans la basse-cour, un Oiseau de proie qui voltige dans les airs, sont bientôt trahis par les cris bruyants de la troupe entière. La nuit, leur sommeil est si léger, que le moin¬ dre bruit les éveille et provoque de leur part les mêmes criailleries. Aussi les anciens étaient-ils dans la croyance que les Oies étaient plus vigilantes que les chiens. Pour Columelle, elles étaient les meilleures et les plus sûres gardiennes de la ferme, et il avait raison sous un rapport, car, ainsi que nous l’avons dit, elles avertissent les autres volailles de l’approche ou de la présence d’un ennemi. Mais leur plus grand titre à la célébrité est d’avoir sauvé Rome. Tout le monde sait que ce furent les Oies que l’on nourrissait au Capitole qui , par leurs cris, avertirent les Romains de l’assaut nocturne que tentaient les Gaulois. Aussi, en recon¬ naissance de ce service , fixait-on , chaque année , une somme pour l’entretien de ces Oiseaux , tandis que le même jour on fouet¬ tait les chiens sur une place publique , comme pour les punir de leur coupable si¬ lence.

Du reste , la famille des Oies renferme encore une espèce qui a joui, dans un temps très éloigné de nous et dans un pays autre que l’Italie , d’autant de célébrité et de plus de vénération que la race provenant de l’une de nos Oies sauvages : cette espèce est l’Oie d’Égypte {Anser œgyptiaca). D’après Hérodote, les Égyptiens la comptaient au nombre des animaux sacrés ; ils la figuraient dans les hiéroglyphes, et lui rendaient de grands hommages. Une ville de l’Égypte su¬ périeure lui était dédiée et portait même son nom. Enfin, au dire d’IIorus-Apollo, cette Oie, dans le système théogonique des anciens Égyptiens, servait à exprimer la piété filiale, l’amour et le dévouement pa¬ ternel et maternel; d’un côté, parce que les jeunes vivent toujours sous l’autorité des parents; d’un autre côté, parce que ceux-ci les défendent, même au péril de leur vie.

Les Oies sont des oiseaux voyageurs. La plupart des espèces que possède l’Europe émigrent du nord au midi en automne, et

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du midi au nord au printemps. Celles qui visitent la France sont ordinairement les messagères des frimas , car nous les voyons à l’approche de l’hiver, et surtout lorsque cette saison doit être rude. Alors elles se montrent chez nous en assez grand nombre. Selon que le froid est plus ou moins rigou¬ reux , elles descendent plus ou moins vers les contrées méridionales; mais toutes re¬ tournent, au mois de mars, dans les pays septentrionaux de notre continent, et se portent sous les latitudes les plus élevées , au Spitzberg, au Groenland, à la baie d’Hudson , etc.

De même que les Grues, les Oies, lors¬ qu’elles émigrent, conservent dans leur vol un ordre qui semble avoir été tracé par un instinct géométrique. Elles se rangent sur deux lignes, formant un angle à peu près comme un Y. Si la bande est peu considé¬ rable, elles se mettent sur une seule ligne ; mais, dans l’un et l’autre cas, l’ordre est exactement observé par chaque voyageur, et, lorsque celui qui fend l’air au sommet de l’angle ou de la ligne est fatigué, il passe au dernier rang pour se reposer. Les Oies volent presque toujours fort haut; et ce n’est que dans les jours de brouillard ou le matin, avant le lever du soleil , qu’on les voit émigrer près de terre. Leur vol est doux et facile; il ne s’annonce par aucun bruit, et c’est seulement par leurs cris qu’elles avertissent de leur passage.

L’on pourrait croire, si l’on en jugeait par nos races domestiques , que les Oies sont généralement polygames ; cependant les espèces à l’état de liberté se forment or¬ dinairement par couples quand vient le moment de la reproduction. Il y a chez ces oiseaux accouplement réel, c’est à-dire que chez eux l’acte copulateur ne s’accomplit pas par simple affriction , mais par intro¬ mission d’un pénis non pas dans une vulve , mais dans un cloaque qui en tient lieu. Cet accouplement, auquel les Oies préludent par des ébats sur l’eau et des cris faibles et fréquemment répétés, est longtemps pro¬ longé et s’accomplit à terre. C’est égale¬ ment à terre, dans les bruyères, mais assez souvent aussi dans les marais, qu’elles éta¬ blissent leur nid. Elles ne déploient pas, à cet effet, une grande industrie: quelques joncs coupés, de l’herbe sèche, sont les

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éléments sur lesquels les Oies déposent leurs œufs. Quelques espèces mettent des plumes par-dessus ces matériaux. La ponte n’a lieu qu’une fois dans l’année. Le nombre d’œufs que reçoivent ces sortes de nids varie selon les espèces , mais il est assez généralement de six à dix. Leur couleur ne présente pas de fort grandes variétés ; elle est ordinaire¬ ment verdâtre ou blanchâtre.

Chez les Oies, c’est à la femelle seule qu’est réservé le soin de l’incubation : sa durée, selon les espèces, est de vingt, vingt- cinq ou trente jours. Pendant tout le temps que la couveuse est sur les œufs, le mâle ne la quitte point; il redouble alors de soins et de vigilance, et donne une très grande attention à ce qu’aucun ennemi n’approche trop près de sa nichée. Cette garde qu’il exerce auprès de sa femelle, il l’exerce aussi à l’égard de ses petits. Ceux- ci naissent couverts de duvet , et cherchent eux-mêmes leur nourriture immédiatement après leur éclosion. Comme si l’eau devait leur offrir plus de sécurité que la terre, les parents se hâtent de les y conduire. On di¬ rait d’ailleurs qu’ils sont déjà familiers avec cet élément, car ils l’abordent sans beau¬ coup d’hésitation et paraissent s’y plaire ex¬ trêmement. Les jeunes Oies ne ressemblent donc point aux adultes, qui préfèrent la terre à l’eau.

La plupart des espèces muent deux fois dans le courant de l’année, en juin et en novembre. Cette dernière mue fait revêtir aux mâles l’habit de noces qu’ils conserve¬ ront jusqu’à l’époque de la couvaison.

La nourriture des Oies consiste en graines ou en semences de toutes sortes , en végé¬ taux aquatiques, en racines bulbeuses, en insectes, et en herbes tendres.

Quoique les Oies sauvages n’aient pas une chair des plus recherchées, cependant on ne laisse pas de les chasser. Dans les pays surtout ces oiseaux sont une ressource pour les individus peu fortunés qui les ha¬ bitent, la chasse qu’on fait aux Oies est très active. Les Kosaques, au rapport de l’allas ( Voyage dans l'empire de Russie , t. 111, p. 421), chassent les Oies au moyen d’un vaste filet qu’ils posent verticalement dans une avenue s’ouvrant sur un lac. Dans d’autres contrées de l’Europe, on cherche à les prendre au moyen de filets tendus ho¬

rizontalement , et au milieu desquels on place quelques Oies privées pour servir d’appelants. Enfin , le fusil est l’instrument dont on se sert le plus usuellement pour chasser ces oiseaux ; mais cette chasse exige de la part de celui qui la fait de grandes précautions, les Oies étant, comme nous l’avons dit, rusées et défiantes.

La famille des Oies a des représentants dans toutes les parties du monde.

Après avoir fait l’histoire des Oies vivant en liberté, il nous reste à dire quelques mots de la conquête que l’homme a faite sur elles, en réduisant à l’état de domesti¬ cité volontaire l’espèce d’où est sortie cette race que nous élevons communément dans nos fermes et nos basses-cours, et de laquelle nous retirons , pour nos besoins , une nour¬ riture abondante et saine , un duvet pré¬ cieux , et ces instruments non moins utiles qui nous servent , depuis treize siècles , à fixer nos pensées. L’on s’accorde générale¬ ment aujourd’hui à considérer l’Oie cendrée ou première (Anser cinereus ) comme la sou¬ che de nos Oies domestiques. Si nous en ju¬ geons parle caractère de ses descendants, cet oiseau , d’un naturel très disciplinable , et surtout fort sensible aux soins qu’on lui donne , a du facilement se plier au joug de la servitude. Cependant Buffon a pensé que la domesticité des Oies n’était ni aussi ancienne ni aussi complète que celle de la Poule. Le fait est qu’on ne possède aucune donnée historique pour dire à quelle époque a commencé l’action de l’homme sur ces oiseaux. Les Romains élevaient comme nous des Oies. Us avaient pour les propager et les conserver une enceinte murée , traversée par un canal d’eau vive, et couverte entiè¬ rement d’un filet à larges mailles , pour qu’elles ne pussent s’envoler. Les Celtes , les Gaulois, et les Francs , nos pères, éle¬ vaient aussi un grand nombre de ces oi¬ seaux. Pendant longtemps ils furent pour eux une branche importante et considérable de commerce avec l’Italie. Pline (Ilist. nat.f liv. X, chap. 27) nous apprend qu’il a vu plusieurs fois d’immenses troupeaux d’Oies qui, de differents cantons de la Gaule, et surtout du pays des Morins (aujourd’hui les départements du Nord et du Pas-de-Calais), se rendaient à pied jusqu’à Rome ; et à ce sujet , il fait remarquer le moyen employé

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par les conducteurs pour parvenir heureu¬ sement et sans perte au terme d’un voyage aussi long. Contrairement à l’usage adopté par les Oies libres dans leurs migrations , ils plaçaient toujours au premier rang les plus fatiguées, afin que la colonne les pous¬ sant en avant, elles fussent, contre leur gré, dans la nécessité d’avancer.

En France, l’Oie domestique a longtemps eu les honneurs de tous les festins , et les a encore dans certaines classes de la société. Chez les anciens Grecs , surtout chez les Lacédémoniens et chez les Égyptiens , elle ne paraissait sur la table qu’aux jours des grands repas. A Rome libre, nous avons dit que l’Oie était vénérée comme symbole de la vigilance, rarement elle figurait dans un festin; mais, dès que la ville des Césars eut subi le joug de ses empereurs , on y connut la méthode barbare qui consistait à priver cet oiseau d’eau, de mouvement et de lumière, pour obtenir ces foies succu¬ lents dont la gourmandise faitencore aujour¬ d’hui ses délices. Deux consulaires , con¬ temporains de Yarron , se disputaient l’in¬ vention de cette méthode.

Nous dirons , enfin , que la réputation de stupidité que l’on a faite aux Oies do¬ mestiques, réputation qui est devenue pro¬ verbiale, est loin d’être méritée. Ces Oiseaux, pour avoir été modifiés , au physique , par la domesticité , n’ont rien perdu de leurs instincts, ou , si l’on veut , de leur intelli¬ gence.

Les Oies avaient été confondues par Linné, sous le nom générique de Anas , avec les Cygnes et les Canards. Cette ma¬ nière de voir, adoptée, jusque vers ces der¬ nières années, par quelques ornithologistes, est actuellement tout-à-fait abandonnée. Tous les auteurs ne sont cependant pas d’ac¬ cord sur la valeur qu’il convient d’assigner à la section que ces Oiseaux composent. Les uns, revenant à l’opinion de Brisson, qui , le premier, sépara les Oies des Canards et des Cygnes, accordent que les oiseaux dont il est question peuvent bien , à la rigueur, représenter un genre, quoique ses limites ne soient pas très précises; les autres, invo¬ quant les mêmes motifs, n’en forment qu’un sous-genre; enfin, il est des auteurs qui , plus hardis, font des Oies une sous-famille susceptible de plusieurs divisions généri¬

ques. G. -R. Gray, dans sa List of the Gé¬ néra , etc. , disperse les Anseres de quelques ornithologistes dans dix genres et deux sous- familles : celle des Plectropterinœ et celle des Anserinœ.

A l’exemple de G. Cuvier, nous considé¬ rerons les Oies comme distinctes des Canards et des Cygnes, et nous les distribuerons par groupes fondés sur les affinités réciproques des espèces. Au reste, nous aurons soin , ainsi que nous l’avons fait jusqu’ici, en ci¬ tant les espèces , d’indiquer celles qui sont devenues, pour quelques naturalistes, des types de genres nouveaux.

Les Oies se distinguent des Canards et des Cygnes , auxquels on les associait, par leur bec médiocre ou court, plus étroit en avant qu’en arrière, et plus haut que large à sa base ; par leurs jambes plus élevées , plus rapprochées du milieu du corps ; par leurs tarses plus robustes, et par leur cou relativement moins allongé. En outre elles n’ont aucun renflement au bas de la trachée, et celle-ci, dans les espèces connues, ne forme non plus aucun repli. Le premier de ces ca¬ ractères est particulier aux Canards , et le second appartient aux Cygnes.

1. Oies proprement dites ( Anser , Briss.).

Bec aussi long que la têle , garni sur ses bords de lamelles qui se montrent à l'exté¬ rieur comme des dents pointues.

Cette section n’est presque uniquement composée que d’espèces vivant en Europe.

L’Oie cendrée ou première, Anser cinereus Mey. et Wolf. (Gould., Birds of Eur. , pl. 347) : manteau d’un brun cendré ondé de gris; croupion cendré; membrane des yeux et bec d’une seule couleur jaune orange; ailes pliées n’atteignant pas l’extrémité de la queue.

Cette espèce, qui est la souche ou le type de toutes les races d’Oies que nous élevons en domesticité , habite les mers, les plages et les marais des contrées orientales de l’Eu¬ rope. Elle s’avance rarement vers le nord au-delà du 35e degré. On la trouve assez abondamment vers le centre du continent européen elle niche, et dans ses migra¬ tions elle visite en petit nombre la Hollande et la France.

L’Oie sauvage ou des moissons, Ans. sege - tum Mey et Wolf. (Buft*. , pl. enl., 983) :

tête et haut du cou d’un brun cendré; dos d’un cendré brun ; croupion d’un brun noi¬ râtre ; bec noir à sa base et à son extrémité, d’un jaune orangé dans le milieu; mem¬ brane des yeux d’un gris noirâtre.

Cette espèce , confondue avec la précé¬ dente, s’en distingue par ses ailes qui sont plus longues, et par son bec qui est bicolore. Elle présente cette autre particularité qu’elle niche dans les régions arctiques, tandis que nous voyons l’Oie cendrée se reproduire dans les climats tempérés du continent.

Elle habite l’Europe septentrionale, émi¬ gre périodiquement vers nos climats , et se montre abondante à son double passage en France, en Allemagne, en Angleterre, et surtout en Hollande.

L’Oie a bec court , Ans. brachyrhynchus Baill. ( Mém . de la Soc. d'émul. d'Abbeville, ann. 1833) : plumage semblable à celui de la précédente, mais un peu plus cendré; bec très petit et court ; une tache à la mandi¬ bule supéiicure d’un rouge pourpre très Yif; pieds rouges.

Cette espèce , dont on ne connaît point l'habitat, est de passage accidentel en France, elle a été tuée plusieurs fois. On ne l’a observée que dans les hivers rigoureux de 1829, 1830 et 1838; elle s’est toujours montrée en petit nombre , et faisant bande à part. M. de Lamotte d’Abbeville nourrit , depuis 1830, plusieurs individus de cette espèce, dans sa basse-cour, ils vivent en compagnie des Ans. cïnereus , segetum et al - bifrons , sans jamais vouloir se mêler à ces trois espèces.

L’Oie rieuse ou a front blanc, Ans. albi - frons Bechst. (Gould., Birds of Eur. , pl. 289) : plumage brun grisâtre; abdomen varié de blanc et de noir ; un grand espace d’un blanc pur sur le front.

Pallas a décrit comme variété de cette es¬ pèce une Oie à taille moins forte et à man¬ dibule supérieure noire à la pointe et en dessus.

Elle habite le nord des deux continents, et se montre de passage en France, en Alle¬ magne et en Hollande.

L'Oie intermédiaire , ^4ns. intermedius Naumann (Vog. , Nacb.tr ., pl. 288). Espèce nouvelle et douteuse établie sur deux indi¬ vidus seulement. Elle a de grandes affinités avec la précédente; mais elle en diffère

pourtant, d’après Naumann, par une taille plus forte , et par un bec teint de noir à la base, près du front et sur les bords de la mandibule supérieure. Selon le même au¬ teur, elle remplacerait, en Irlande, l’Oie rieuse.

L Oie naine , .dns. minutas Naumann ( ^ °g-> Nachtr., pl. 291). Espèce admise par plusieurs ornithologistes allemands , mais dans laquelle M. Teinminck croit voir une Oie à bec court.

L’Oie a cravate, i4ns. canadensis Yieill. (Buff., pl. cnl., 346): plumage brun mêlé de gris ; gorge et bande sur l’occiput d’un blanc pur; cou noir à reflets violets. Habite le nord de l’Amérique.

Cette Oie vit très bien et se reproduit dans nos climats. Du temps de Buffon, on en voyait déjà sur les bassins de Versailles.

G. Cuvier pense que cette espèce doit prendre place parmi les Cygnes. Brandt lui a associé VAnas cygnoides de Linné, eta fait de ces deux oiseaux son genre Cygnopsis.

2. Oies de neige ( Chen , Boié).

Front très élevé ; bec coupé de chaque côté par des sillons longitudinaux et des dente¬ lures.

G. Cuvier, dans son Règne animal , n’a pas établi cette section; cependant nous l’admettrons puisqu’elle est généralement reconnue, et surtout qu’elle est basée sur des caractères distinctifs. Elle a pour type :

L’Oie hyferborée ou de neige , Chen hy- perboreus Boié, Ans. hyperboreus Pall. (Gould., Birds of Eur., pl. 346) : plumage d’un blanc pur; rémiges blanches jusqu’à la moitié de leur longueur, le reste noir; front jaunâtre ; mandibule supérieure d’un beau rouge.

Elle habite les régions polaires de l’an¬ cien et du nouveau continent. On la dit de passage accidentel en Prusse et en Autriche.

3. Bernaciies ( Bernicla , Stephens ; Brenta, Brisson ).

Bec court , menu , convexe , comme tron qué ; bords à lamelles internes ne paraissant point à Vexlerieur.

L’Oie bernache ou a joues blanches, Bern. leucopsis Steph. , Anser leucopsis Bechst. (Buff., pl. enl., 355) : dos varié de gris cen¬ dré et de noir; front, côtés de la tête et

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gorge d’un blanc pur; occiput, nuque, cou, haut de la poitrine, queue et rémiges d’un noir profond.

Cette espèce , par la fable qui la faisait naître sur les arbres comme un fruit, et qui, par cette raison , était considérée comme un gibier maigre que l’on pouvait manger en carême , habite les contrées du cercle arc¬ tique. Elle est de passage en automne et en hiver dans les pays tempérés, et se montre alors assez abondamment en France , en Hollande et en Allemagne.

L’Oie gravant, Bern. brenta Steph., Ans. bernicla Illig. ( Buff. , pl. enl. , 342 ) : dos d’un gris très foncé; tête, cou et haut de la poitrine d’un noir terne ; une tache de cha¬ que côté du cou, et les couvertures infé¬ rieures de la queue d’un blanc pur.

Elle habite le nord des deux continents. A son double passage , elle se montre en France, en Allemagne et en Hollande.

L’Oie a cou roux, Bern. ruficollis Steph., Ans. ruficollis Naumann ( Gould. , Birds of Eur., pl. 351) : sommet de la tête , gorge, ventre et toutes les parties supérieures d’un noir profond ; devant du cou et poitrine d’un beau roux rougeâtre; une ceinture blanche entourant la poitrine et remontant sur le dos.

Elle habite les contrées septentrionales de l’Asie , et se montre de passage périodique en Russie; très accidentellement elle s’a¬ vance jusqu’en Angleterre et en Alle¬ magne.

L’Oie d’Egypte, Ans. œgyptiacus Briss. , Chenalopex œgyptiacus Steph. ( Buff. , pl. enl., 379, 982 et 983) : plumage agréable¬ ment varié, sur un fond gris-blanc, de zig¬ zags bruns-roussâtres ; grandes couvertures des ailes d’un vert chatoyant.

Cette espèce , révérée des anciens Égyp¬ tiens à cause de son attachement pour ses petits, habite les côtes orientales de l’Afri¬ que. On avait mis en doute l’apparition de cette Oie sur notre continent; on supposait que les individus qui y avaient été tués étaient des sujets échappés des ménageries on retient cette espèce ; mais il ne sau¬ rait plus y avoir de doute à cet égard. L’Oie d’Égypte visite bien positivement l’Europe. Nous avons signalé nous - même , dans la Revue zoologique pour 1844 , la capture faite, dans les environs de Paris , de deux

Oies de cette espèce. Ils faisaient partie d’une bande composée de neuf individus.

Parmi les espèces étrangères que G. Cu¬ vier range encore dans cette section , nous citerons :

L’Oie de Magellan , Bern. magellanica Steph. (Buff. , pl. enl., 1006 ) : tête et cou roux ; dos roux rayé de noir ; ventre maillé de blanc et de noir. Habite les îles Ma- louines.

Cette espèce est le type du genre Chlœ- phaga d’Eyton.

L’Oie antarctique, Ans. antarcticus Yieill. (Less., Voyage de la Coquille, pl. 50): tout le corps noir et blanc par raies éga¬ les ; abdomen et queue d’un blanc pur. Habite les îles Malouines et le sud de l’A¬ mérique.

L’Oie de Madagascar, Ans. madagasca- rensis Cuv. (Buff .,pl. enl., 770) , du Mada¬ gascar. Type du genre Nettapus de Brandt.

L’Oie a collier , Ans. coroman deliana Cuv. (Buff., pl. enl., 749). Du Bengale.

L’Oie aux ailes blanches , Ans. leucopte- rus Cuv. Des Malouines.

M. Lesson place encore parmi les Berqa- ches I’Oie a CAMAiL blanc , Ans. polycomos Less. : d’un gris roux; ailes et queue vert doré; flancs et abdomen d’un marron foncé. Habite le Brésil.

Nous y rangerons aussi l’espèce qui a été décrite par MM. Eydoux et Souleyet , dans le Voyage de la Bonite , sous le nom d’OiE de Hawaii , Ans. hawaiiensis ( Z ool. , t. I , pl. 10). Cette espèce habite les îles Sandwich.

Une autre division, établie par G. Cuvier, est celle des Céréopses ( Cereopsis , Lath. ) ; mais nous n’avons point à revenir ici sur ce qui a été dit de ces Oiseaux à l’article qui les concerne.

Enfin nous dirons que certaines espèces, que l’on avait considérées comme des Oies , et que quelques auteurs persistent à laisser dans la première des divisions dont il vient d’être question , ont été rapportées par Cu¬ vier parmi les Cygnes. Telles sont : I’Oie a double éperon, Ans. gambensis Lath. , dont M. de Lafresnaye a fait le type de son genre Anatigralla ; Leach et Stephens, leur genre Plectropterus; et I’Oie bronzée, Ans. melano- tos Vieill. ( Buff. , pl. enl. , 937 ) , type du genre Sarkidiornis de Eyton. (Z. G.)

OIS

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OIO

OIE DE MEU. mam. - Le Dauphin or¬ dinaire, Delphinus delphis , a reçu ce sur¬ nom. (E. d.)

OIGNART et OIGNE, ois. Noms vul¬ gaires du Canard siffleur.

OIGNON, bot. ph. Voy. ognon.

OIGNONNET. bot. ph. Voy. ognonnet.

^OIKOPLEIJRA (oTxoç, maison; n)evPct, flanc), acal. Genre proposé par Mertens pour un animal marin, dont la structure, et conséquemment la place dans la méthode, sont encore très incertaines; ce paraît être le même que Chamisso etEysenhardt avaient nommé Appendicularia , et que MM. Quoy et Gaimard ont nommé aussi Frelillaria. M. Lesson le place à la suite du genre Noc- tiluque, dans sa division des Béroïdes faux ou acils, en se demandant si ce ne serait pas une larve. Mertens croyait que ce devait être un mollusque ptéropode. Chamisso et Eysenhardt décrivent leur Appendicularia flagellum, comme ayant le corps gélatineux, subovoïde, long de six millimètres environ , avec des points Fouges , transparents, in¬ ternes, et un appendice gélatineux, ces- toïde, bordé de rouge, plus long du double ou du triple que le corps, servant à la na¬ tation par un mouvement d’ondulation très marqué; ces auteurs l’ont trouvé dans le détroit de Beehring. MM. Quoy et Gaimard ont trouvé abondamment, près du Cap de Bonne-Espérance, l 'Oikopleura bifurcata , qu ils avaient nommé Frelillaria , parce qu’il est sans cesse en mouvement ; son corps est anguilliforme, aplati, pointu à son extrémité, qui est munie d’une nageoire échancrée; son axe est parcouru par un ca¬ nal, sur les côtés duquel on voit des granu¬ lations blanches. La partie qui correspond à la tête est surmontée d’un capuchon mem¬ braneux, très délié, frangé, apparaît un point rouge entouré de jaune. Au reste , MM. Quoy et Gaimard déclarent que c’est seulement pour éveiller l’attention des na¬ turalistes, qu’ils décrivent ainsi un ani¬ mal si peu connu , qu’on ne sait encore dans quelle classe le placer. (Duj.)

^OIOSPERMUM (°Toç, unique; onépaa., graine), bot. ph. Genre de la famille des Composées, tribu des Sénécionidées, établi par Lessing (m Linnœa, IV, 339, fig. 69,

71, 72, 78; Synops.f 148). Herbes du Bré¬ sil. Voy. COMPOSÉES.

OISANITE. min. Voy. oysanite. OISEAU. Avis. zool. Voy. oiseaux pour tout ce qui concerne